Nathalie Favre, fondatrice de OŪ LA MODE QU’ON LOUE, pouvez vous nous raconter la genèse de votre marque ?

Après 23 ans d’expérience en Marketing et Communication pour de grandes marques de produits de grande consommation, dont 5 ans dans la mode, je me suis jetée à l’eau et ai décidé de créer une startup.

Portée par la nouvelle génération, qui repense complètement ses valeurs et sa façon de consommer, j’ai décidé de lancer OŪ LA MODE QU’ON LOUE, la nouvelle plateforme de location de vêtements, pour une mode… et un monde… plus durables et plus collaboratifs.

C’est suite à la lecture d’une interview du PDG de Ralph Lauren en avril 2021, Patrice Louvet, au moment du lancement de leur service de location de vêtements aux USA, que j’ai compris qu’un nouveau mode de consommation de la mode devait se mettre en place pour trouver une solution aux souffrances actuelles de la Terre et pour permettre au marché de la mode de réduire son impact négatif sur l’environnement.

Je me suis ensuite rendue compte que le concept de mode à louer avait une écoute plus marquée auprès d’un nouveau consommateur, plus tourné vers l’utilisation que la possession et très engagé vers plus de développement durable. C’est pourquoi j’ai bâti tout le concept avec des groupes de jeunes de 15 à 25 ans et nous avons créé cette marque OŪ LA MODE QU’ON LOUE, comme l’alternative entre les vêtements neufs et ceux d’occasion, entre rester et continuer de voir la Terre se détruire OŪ agir.

Selon vous, quels sont acteurs de la mode de demain ?

La mode de demain sera multiple. Car nous devrions avoir dans nos armoires tout un choix de vêtements et accessoires issus d’achats neufs, d’achats de seconde main et issus de location.

J’espère que les grands acteurs internationaux qui aujourd’hui inondent le marché seront de plus en plus challengés par de plus petites marques, plus respectueuses de l’environnement, plus attentives aux conditions dans lesquelles la mode est produite. Ces nouvelle marques apporteront un vent de fraicheur et d’originalité.

J’espère que nos centre villes résisteront avec un choix d’enseignes plus large et varié qu’aujourd’hui. Ces magasins physiques vont se transformer pour proposer une expérience physique / digitale plus fluide, proposant, pourquoi pas, aussi bien des articles neufs, d’occasion que en location.

Quelles marques vous semblent agir pour une mode plus durable ?

De plus en plus de marques proposent l’utilisation de matières recyclées, upcyclées, des cotons Bio mais le problème provient des quantités produites. Car nous continuons d’alimenter le marché avec des tonnes de vêtements qui finissent encore trop souvent en déchets non gérés.

Pour moi les marques les plus durables sont celles qui font attention aux quantités produites, qui produisent sur commande, qui produisent en Europe, ou encore mieux en France, qui sélectionnent leurs matières avec une vraie conscience environnemental, et qui fabriquent dans un cadre légal du travail décent ou dans le but de développer des compétences auprès de personnes défavorisées. C’est comme cela que je choisis les marques de mon assortiment.

A ce jour nous avons 17 marques qui ont également choisi d’être présentes sur notre site dans le but de contribuer à une mode collaborative, une mode qui puisse se porter le plus possible en vue de réduire les surproductions.

Quels conseils pourriez-vous donner aux consommateurs concernant leurs achats de vêtements ?

La mode étant l’une des industries les plus polluantes, nous devons vraiment adopter de nouveaux réflexes.

1- Tout d’abord, posons-nous la question du réel besoin du nouveau vêtement ou nouvel accessoire. Arrêtons de nous créer de faux besoins juste pour impressionner ou faire comme les autres.

2- Et si le besoin est réel, posons-nous la question de la durée de notre besoin. Si nous avons un besoin ponctuel, par exemple une tenue pour un mariage, un entretien, une soirée entre amis et que l’on sait que l’on ne va pas porter le vêtement avant un long moment, nous devrions développer un réflexe de location. De la même manière, l’autre jour une jeune fille m’a dit « moi j’achète des vêtements, je les porte 15 jours et après je ne veux plus les porter ». Dans ce cas-ci, la location s’impose. Arrêtons de remplir des armoires inutilement, en plus nous pourrons, avec la location, porter des habits de meilleure qualité pour un prix généralement inférieur.

3- Puis si l’achat semble la meilleure option, je conseille de bien lire les étiquettes, tenter de savoir par qui et comment le produit a été fabriqué. Le prix seul ne doit plus être le critère de choix, demandons-nous, si c’était à nous de fabriquer ce produit, dans quelles conditions nous aimerions le fabriquer… certainement pas en travail forcé. Enfin la question de l’achat en seconde main s’impose, pourquoi acheter neuf si le produit existe déjà quelque part ? Même si je crains certaines dérives face à l’ampleur du phénomène. C’est pourquoi les friperies de quartier, avec des vêtements ramenés par des particuliers ou gérées par des organisations humanitaires sont à favoriser.

Plus d’informations sur www.ou-lamodequonloue.fr

Comments are closed.